« J'ai mal à l'épaule dès que je lève le bras, et la nuit, je ne peux plus me coucher dessus. » On l'appelle couramment tendinite de l'épaule. Et les questions arrivent : est-ce que le tendon est abîmé ? Faut-il une infiltration, une opération ? Est-ce que ça va passer ? Rassurez-vous : il y a beaucoup à faire, et l'exercice est au cœur du traitement. Voici ce qui se passe, ce que vous pouvez faire dès maintenant, ce que la kinésithérapie apporte, et quand consulter sans attendre.
Ce qui se passe dans votre épaule
Autour de la tête de l'humérus, l'os du bras, quatre muscles forment la coiffe des rotateurs : leurs tendons entourent l'articulation comme une coiffe, la stabilisent et font tourner et lever le bras. Quand l'un de ces tendons devient douloureux et supporte moins bien les efforts, on parle de tendinopathie de la coiffe des rotateurs. La douleur se situe autour du sommet de l'épaule, et elle augmente souvent pendant ou après qu'on lève le bras.
Vous avez peut-être lu « conflit sous-acromial », « bursite » ou « tendinite du sus-épineux » sur un compte rendu : des recommandations néerlandaises rangent ces noms dans une même famille, le syndrome douloureux sous-acromial. On a longtemps pensé que le tendon frottait contre l'os du dessus, l'acromion, quand on lève le bras : c'est l'idée du « conflit ». Les progrès de l'imagerie et de l'arthroscopie (une caméra glissée dans l'articulation) n'ont pas permis de le confirmer.
La douleur d'épaule est fréquente : selon les études, 7 à 34 % des adultes ont parfois mal à l'épaule.
Deux choses à savoir, et elles rassurent.
L'image n'explique pas toujours la douleur. « Pourtant, l'échographie montre une tendinite et une bursite ! » Oui, et l'image est réelle. Mais chez 51 hommes de 40 à 70 ans qui n'avaient aucune douleur à l'épaule, l'échographie montrait une bourse (un petit coussin de glissement) épaissie chez 78 % d'entre eux, et un tendon du sus-épineux modifié (on parle de tendinose) chez 39 %. Et dans un village où 664 habitants ont passé une échographie lors d'un bilan de santé, deux fois sur trois, une déchirure de la coiffe sur toute l'épaisseur du tendon ne donnait aucune douleur. C'est l'examen qui fait le lien entre l'image et ce que vous ressentez.
Votre épaule a besoin de bouger. Arrêter complètement de vous servir de votre épaule peut l'empêcher d'aller mieux. Les recommandations déconseillent de l'immobiliser complètement : on évite un temps ce qui réveille nettement la douleur, et on reprend petit à petit.
Ce que la kinésithérapie peut faire
Mon travail, c'est de vous aider à retrouver une épaule qui supporte à nouveau vos gestes : lever le bras, porter, travailler, faire du sport.
Les études mettent l'exercice en premier. Une synthèse de seize revues d'études, publiée en 2020, recommande fortement l'exercice comme premier traitement de cette douleur, pour la douleur, la mobilité et la fonction. Les recommandations néerlandaises vont dans le même sens pour l'exercice : les exercices font mieux que l'absence de traitement, et des exercices faits chez soi semblent aussi efficaces que des séances encadrées. Ce qui compte, c'est de les faire, régulièrement.
Concrètement, au cabinet :
- Je vous écoute : depuis quand, comment c'est arrivé, les gestes qui réveillent la douleur, votre sommeil, votre travail, votre sport.
- Je vous examine : les mouvements de l'épaule et du cou, la force des muscles de la coiffe, les gestes qui reproduisent votre douleur. Aucun test ne suffit à lui seul : c'est l'ensemble qui compte. C'est aussi là que je vérifie que rien ne demande un avis médical rapide.
- Je vous explique ce que je trouve, avec des mots simples, et pourquoi on fait chaque exercice.
- Vous repartez avec vos exercices : ciblés sur les muscles de la coiffe et de l'omoplate, peu intenses mais fréquents, dosés pour que la douleur reste supportable. On les fait évoluer à chaque séance.
Ajoutées aux exercices, les techniques manuelles peuvent soulager un peu plus à court terme, selon la synthèse de 2020 ; les recommandations néerlandaises, elles, concluaient que les mobilisations des articulations n'apportent rien de plus que les exercices actifs. Elles accompagnent ce que vous faites vous-même, elles ne le remplacent pas.
Pendant les huit premières semaines, une infiltration de cortisone soulage la douleur et améliore l'usage de l'épaule mieux qu'une injection placebo, que la kinésithérapie ou que l'absence de traitement, mais pas mieux que des anti-inflammatoires ; son effet à partir de trois mois n'est pas clair. Une opération, elle, n'a pas montré de façon convaincante qu'elle faisait mieux qu'un traitement sans opération, et les recommandations préfèrent commencer sans. Ces décisions se prennent avec votre médecin.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Continuez à vous servir de votre épaule, dans les limites du supportable.
- Adaptez plutôt qu'interdire. Les premiers jours, évitez ce qui réveille nettement la douleur, comme porter lourd à bout de bras ou travailler longtemps les bras en l'air, puis reprenez petit à petit.
- Bougez votre épaule doucement, peu à la fois, mais plusieurs fois par jour.
- Pour les médicaments, c'est votre médecin ou votre pharmacien qui vous conseille.
Quand consulter sans attendre
Ces signes, il faut les connaître. Un seul suffit, n'attendez pas d'en avoir plusieurs.
Appelez le 112 si vous avez une douleur, une oppression ou un serrement dans la poitrine : elle peut s'étendre aux bras, au cou ou à la mâchoire, et s'accompagner de nausées, de vomissements, de sueurs, ou de l'impression que votre cœur s'emballe, bat trop lentement, saute un battement ou papillonne. Appelez-le aussi si vous avez beaucoup de mal à respirer, au point de suffoquer ou de ne plus pouvoir parler, si vous vous évanouissez, ou si vos lèvres ou votre peau deviennent pâles, bleues ou grises (sur une peau noire ou brune, cela se voit mieux à la paume des mains) : ce peut être une crise cardiaque. Ne conduisez pas vous-même jusqu'aux urgences.
Appelez aussi le 112 si votre main ou votre bras devient d'un coup froid, pâle ou bleu, ou d'un coup insensible et sans force : le sang peut ne plus y arriver. Appelez-le aussi si le coin de la bouche tombe d'un côté, si votre parole devient pâteuse, ou si l'autre bras ou une jambe faiblit ou s'engourdit, même si cela passe vite.
Appelez aussi le 112 si, avec de la fièvre ou des frissons, vous devenez confus, vous respirez très vite, ou des taches apparaissent sur la peau et ne s'effacent pas quand vous appuyez un verre dessus.
Allez aux urgences, sans conduire vous-même, si, après une chute, un choc ou un faux mouvement, votre épaule a changé de forme, ou vous ne pouvez plus du tout bouger le bras : n'essayez pas de la remettre en place. Si personne ne peut vous y conduire, appelez le 112.
Appelez tout de suite votre médecin, ou le médecin de garde au 1733 en dehors de ses heures, si vous êtes soudain plus essoufflé que d'habitude. Si vous ne joignez personne rapidement, appelez le 112.
Le jour même, faites-vous voir par votre médecin (en dehors de ses heures, par le médecin de garde, au 1733), ou allez aux urgences, si :
- la douleur a commencé après une chute ou un accident ;
- l'épaule ou le bras est très gonflé ;
- la douleur est soudaine ou très forte, ou vous ne pouvez plus bouger le bras ;
- l'épaule ou le bras est chaud ou froid au toucher, ou vous avez de la fièvre ou vous vous sentez malade ;
- vous ne sentez plus votre bras ou votre épaule, ou des fourmillements ne passent pas ;
- les deux épaules deviennent très douloureuses ; si, en plus, votre vue se trouble, se dédouble ou baisse, même un moment, appelez le 112.
Sans urgence, prenez rendez-vous chez votre médecin si la douleur s'aggrave ou ne s'améliore pas après deux semaines, ou si vous avez beaucoup de mal à bouger le bras. Si la douleur part du cou et descend dans le bras, lisez aussi l'article sur la cervicalgie.
Vos questions
Tendinite ou tendinopathie ?
« Tendinite », avec son « -ite », fait penser à une inflammation. Les spécialistes du tendon préfèrent aujourd'hui parler de tendinopathie : une douleur du tendon qui dure et le rend moins capable de supporter les efforts. Ce mot ne présume pas de ce qui se passe à l'intérieur du tendon. Pour l'épaule, on parle aussi de syndrome douloureux sous-acromial.
Quels sont les signes d'une tendinite de l'épaule ?
Une douleur autour du sommet de l'épaule, sans choc à l'origine, d'un seul côté le plus souvent, et qui augmente souvent pendant ou après qu'on lève le bras. C'est l'examen qui le dit, avec plusieurs tests : aucun ne suffit seul.
Combien de temps dure une tendinite de l'épaule ? Peut-elle passer toute seule ?
Il n'y a pas de durée fixe, et je ne vous en promettrai pas. Une douleur d'épaule peut être longue : le NHS, le service de santé anglais, prévient qu'il faut parfois six mois ou plus pour s'en remettre, et selon les recommandations néerlandaises, un an plus tard, environ un patient sur trois garde encore une limitation ou une douleur. Les études associent une douleur qui dure depuis plus de trois mois à une évolution moins bonne. Elle peut s'améliorer avec le temps, et les exercices font mieux que l'absence de traitement.
Comment soigner une tendinite de l'épaule rapidement ?
Il n'existe pas de solution qui la fasse disparaître à coup sûr en quelques jours. Ce qui aide : continuer à vous servir de votre épaule en adaptant vos gestes, des exercices réguliers et bien dosés, et la patience de les faire évoluer. Pour la douleur, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Au cabinet d'Andenne
Je vous reçois rue du Muguet 5, à Andenne, un seul patient à la fois. La première chose que je fais, ce n'est pas de vous allonger sur la table, mais de vous écouter. Pour la première séance : votre prescription médicale, votre carte d'identité, et une tenue où vous êtes à l'aise pour bouger.
Sources
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- Scott A et al. ICON 2019: International Scientific Tendinopathy Symposium Consensus: Clinical Terminology. Br J Sports Med. 2020;54(5):260-2. doi:10.1136/bjsports-2019-100885
- Girish G et al. Ultrasound of the shoulder: asymptomatic findings in men. AJR Am J Roentgenol. 2011;197(4):W713-9. doi:10.2214/AJR.11.6971
- Minagawa H et al. Prevalence of symptomatic and asymptomatic rotator cuff tears in the general population: from mass-screening in one village. J Orthop. 2013;10(1):8-12. doi:10.1016/j.jor.2013.01.008
- Pieters L et al. An update of systematic reviews examining the effectiveness of conservative physical therapy interventions for subacromial shoulder pain. J Orthop Sports Phys Ther. 2020;50(3):131-41. doi:10.2519/jospt.2020.8498
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- NHS. Polymyalgia rheumatica. Revu le 23/04/2023. nhs.uk
- NHS. Vision loss. Revu le 28/08/2025. nhs.uk
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Cet article donne des informations générales. Il ne remplace pas une consultation : votre situation est examinée en séance.

